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La question de choix de la méthode de répartition

Lors des discussions précédentes, il est rapidement apparu que certaines règles de répartition ne trouvaient leur justification que dans la logique du décideur, dont l’objectif de la répartition n’est pas forcément de définir le niveau de consommation de ressource par produit ou service. On aboutit alors à des dérives des objectifs initiaux de la comptabilité analytique.

Cependant, le fait d’affirmer qu’une règle aboutit à une allocation arbitraire ne signifie pas que les coûts obtenus sont faux. De fait, on aborde la question de savoir si une règle est meilleure qu’une autre. L’exemple de la méthode ABC ne permet pas formellement de dire que les coûts obtenus sont meilleurs qu’avec toute autre formulation. Pour ce faire, il faudrait connaître le coût véritable et montrer que l’erreur du coût obtenu avec ABC est plus faible que l’erreur des coût obtenus avec toutes les autres formulations. Bien évidemment, cette démonstration n’est pas faite et la littérature ne nous donne pas de procédure de classement des règles.

On pourrait donc en déduire que le problème est insoluble et la discussion sans issue. En fait, ce qui nous manque ici est une notion pratique du concept d’erreur, car la référence au coût unitaire vrai n’est pas possible du fait que nous ne le connaissons pas.

Dans cette perspective, la formulation que nous avons discuté précédemment présente des caractéristiques tout à fait intéressantes. Pour appuyer notre démonstration, il est nécessaire de rappeler que le modèle peut se décrire intuitivement de la façon suivante : d’une part nous recherchons un système de coût tel que l’erreur d’estimation soit la plus faible possible, et d’autre part il faut que ces mêmes coûts nous permettent de retrouver la charge totale.

 

Formellement, nous aboutissons au modèle suivant :

ai  : le coût unitaire inconnu du bien i, avec i=1...n.

xit  : la quantité de bien i réalisé au moment t.

ct  : la charge observée au moment t.

 

Il faut alors résoudre le problème suivant :

Dès lors que nous rajoutons la contrainte suivante :

nous retrouvons la répartition en proportion des quantités. En fait, par le moyen de la contrainte, nous pouvons retrouver toutes les règles classiques de répartition. Nous disposons ainsi d’un modèle qui nous permets de générer toutes les répartitions qui ne sont alors plus que des cas particuliers.

 

La question de savoir laquelle est la meilleure demeure. La réponse est assez simple : en effet, l’erreur d’estimation est d’autant plus grande que le nombre de contraintes est élevé. Par conséquent la meilleure solution correspond alors au modèle de base.


On peut aussi illustrer cette proposition à partir de l’exemple suivant, où une unité de soins réalise 3 types d’interventions sur 5 périodes (pour l’exemple la nature de la charge est quelconque) :

Période

Intervention 1

Intervention 2

Intervention 3

Charge

1

10

5

1

13'500

2

7

4

2

12'000

3

12

4

3

16'000

4

11

6

3

19'000

5

13

5

2

17'000

Total

53

24

11

77'500


On obtient alors deux systèmes de coefficients, l’un donné par la règle optimale l’autre par un prorata aux quantités, que l’on peut voir au bas du tableau. Comme on peut l’observer les coûts sont identiques pour le prorata. L’estimation 1 nous est donnée par la règle optimale et l’estimation 2 par le prorata.

Période

Charge

Estimation 1

Erreur 1

Estimation 2

Erreur 2

1

13500

13717.45

47287.45

14090.90

139466.62

2

12000

12273.65

74888.22

11448.86

680284.30

3

16000

16191.80

36790.77

16732.95

292838.25

4

19000

18653.49

120067.66

17613.63

1081300.12

5

17000

16663.58

113176.43

17613.63

902601.50

Total

77500

77499.99

392210.56

77500

3096490.81

.. .. .. .. .. ..

Coût

Produit 1

Produit 2

Produit 3

.. ..

Optimal

486.01

1473.84

1488.08

.. ..

Prorata

880.68

880.68

880.68

.. ..

 

En étudiant les deux solutions, on retrouve l’idée précédemment énoncée : l’erreur engendrée par la règle optimale est plus faible que celle de la règle au prorata. Cette propriété est vérifiée pour toutes les autres règles classiques; chiffre d’affaires, marge ou charge directe.

Pour se donner une idée de la qualité du système de coùt, on pourrait utiliser l’indicateur suivant :

 

 

Dans le cas présent :

 


Ó Prof. Bernard Morard - HEC - Université de Genève